Quand des rats ou des punaises de lit apparaissent dans un logement en location, la panique arrive vite et la question qui suit juste derrière est toujours la même : qui paie ? La problématique location et nuisibles qui paie revient systématiquement.
Est-ce que c’est au propriétaire de payer l’intervention, ou au locataire ? Difficile d’y voir clair entre la loi, le bail, les charges et ce que disent les voisins.
Je vais faire simple et concret. En tant que professionnel de la dératisation et de la désinsectisation depuis plus de 20 ans, je vois ces situations tous les jours. On va reprendre les règles une par une pour que tu saches précisément qui doit payer, à quel moment et comment réagir si l’autre partie se défile.
Temps de lecture : ~10 min
En droit français, tant qu’aucune faute du locataire n’est prouvée, c’est au propriétaire de payer le traitement des nuisibles (rats, punaises de lit, cafards…).
Pourquoi ? Parce que le bailleur doit fournir et maintenir un logement décent : l’article 6 de la loi 1989, renforcé par la loi ELAN 2018, le précise. De son côté, le locataire doit entretenir correctement l’appartement (article 7). La responsabilité ne bascule donc sur lui qu’en cas de négligence démontrée, ce qui reste minoritaire (≈ 5 % des dossiers).
Le timing de la découverte de l’infestation est déterminant.

Si des nuisibles sont détectés lors de l’état des lieux d’entrée, ou très rapidement après, on considère qu’ils étaient déjà présents : le logement est présumé non décent, le propriétaire doit financer et organiser le traitement, et le bail peut même être annulé si le problème persiste.
Lorsqu’un locataire installé découvre soudain des punaises de lit ou entend des rats, il doit prévenir aussitôt le propriétaire. Celui-ci fait intervenir une société spécialisée dans un délai raisonnable et supporte le coût, sauf preuve d’une faute du locataire.
Le locataire prend la facture à sa charge uniquement si le propriétaire apporte des preuves sérieuses d’une faute.
La responsabilité locative est retenue lorsqu’un défaut manifeste d’entretien est à l’origine de l’infestation : accumulation de déchets, nourriture laissée longtemps à l’air libre ou logement rendu insalubre par absence de nettoyage. Le bailleur doit cependant le prouver par photos, constat d’huissier ou rapports techniques.
Si le locataire introduit des meubles, matelas ou canapés déjà infestés (récupérés dans la rue, une cave ou un grenier) et que le lien est établi, la charge lui revient. Là encore, il faut des preuves claires ; une simple affirmation ne suffit pas.
En l’absence de faute avérée du locataire, ou si l’origine dépasse le seul usage privatif du logement, la responsabilité retourne vers le bailleur ou la copropriété.

Lorsqu’aucun comportement fautif n’est identifié ou que les nuisibles sont constatés à la remise des clés, le propriétaire doit assumer le traitement au titre de l’obligation de délivrer un logement décent.
Rats et souris profitent souvent de fissures, trous autour des canalisations, vide sanitaire mal entretenu ou égouts infestés. Dans ce cas, le propriétaire ou le syndic organise une dératisation globale payée via les charges de copropriété. Pour les punaises de lit, le même raisonnement s’applique si plusieurs appartements ou les parties communes sont touchés.
| Situation | Qui paie | Explication |
|---|---|---|
| Nuisibles présents à l’entrée | Propriétaire | Logement non décent à la remise des clés |
| Origine inconnue en cours de bail | Propriétaire | Présomption en faveur du locataire |
| Défauts de structure / parties communes | Propriétaire ou syndic | Obligation d’entretien de l’immeuble |
| Logement sale, déchets, insalubrité prouvée | Locataire | Manquement à l’obligation d’entretien |
| Meubles apportés déjà infestés | Locataire | Faute personnelle si prouvée |
Pour faire supporter les frais au locataire, le bailleur doit produire des clichés datés montrant la saleté, un constat d’huissier décrivant l’état du logement ou encore des rapports techniques mentionnant clairement une cause liée au comportement locatif.
Le locataire doit conserver tous les échanges écrits avec le propriétaire, prendre photos et vidéos datées des traces de nuisibles et, au besoin, demander un constat d’huissier ou l’avis écrit d’une entreprise spécialisée. Plus il réagit vite, mieux il est protégé.
Voici la marche à suivre en cas de blocage :
Les tribunaux rappellent régulièrement qu’une clause du bail ne peut déroger à la loi : si elle fait peser systématiquement la dératisation ou la désinsectisation sur le locataire, elle est réputée non écrite.
Un diagnostic nuisibles avant mise en location est vivement conseillé : il permet de vérifier la salubrité du logement, de repérer les points d’entrée des rongeurs et de détecter les débuts d’infestation. Autour de Saint-Étienne, je propose par exemple des opérations de dératisation ciblée pour rats et souris, avec recherche des points d’entrée, ainsi que des traitements adaptés contre les insectes rampants et volants pour limiter les risques d’invasion. Plus le problème est traité tôt, moins il coûte et moins il perturbe la vie du locataire. Pour toute question, tu peux nous contacter via ce formulaire.

Non. Une telle clause, contraire à l’obligation de délivrer un logement décent, serait écartée par le juge.
Une aggravation due à son inertie peut constituer une faute et engager sa responsabilité.
Oui, sauf preuve que le locataire les a introduites (meubles récupérés infestés, par exemple).
Le syndic organise la dératisation des parties communes, les frais étant répartis entre copropriétaires.
Il doit contester par écrit, saisir la conciliation si nécessaire et ne pas ignorer les courriers, tout en expliquant sa position.

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