La leptospirose et, plus largement, chaque maladie transmise par les rats ne sont pas que des sujets anxiogènes de JT. En France, ces infections existent bel et bien, même si le risque varie selon les régions, les saisons et les activités. Entre leptospirose, hantavirus ou salmonellose, le rat sert de véritable réservoir de pathogènes. Cet article propose un tour d’horizon clair et sourcé des risques réels : sans dramatiser, mais sans minimiser non plus, pour comprendre ce qui est en jeu pour la santé publique et pourquoi une dératisation sérieuse est indispensable.
Temps de lecture : ~12 min
Quand on parle de maladie transmise par les rats, on pense spontanément à la peste médiévale. En réalité, la grande affaire sanitaire actuelle est la leptospirose. Les rats, surtout le rat brun, hébergent plusieurs bactéries et virus qu’ils diffusent via leurs urines, déjections ou salive. Ces agents contaminent ensuite l’eau, les sols, les aliments ou l’air des lieux fermés. Le risque augmente avec la prolifération des rongeurs, en ville comme à la campagne.
Sur le terrain, la demande de dératisation explose. Les interventions ont grimpé de près de 35 % en un an selon la Chambre syndicale des métiers de la dératisation : plus de repas extérieurs, plus de déchets accessibles et plus de friches offrent nourriture et abris aux rats.

| Indicateur | Valeur (France) |
|---|---|
| Cas déclarés par an | ≈ 570 – 700 |
| Incidence | 1 cas / 100 000 habitants |
| Évolution depuis 2014 | Quasi ×2 (300 → ~600 cas) |
| Cas 2023 (métropole) | 570 confirmés |
| Cas 2023 (Outre-mer) | 753 cas (20-80 × plus qu’en métropole) |
| Létalité | 5 – 20 % selon les formes |
La leptospirose est due à la bactérie Leptospira interrogans. Elle peut être mortelle, mais un traitement antibiotique précoce améliore nettement le pronostic.
Le rat élimine la bactérie dans son urine qui souille l’eau et les sols. La contamination humaine survient surtout :
• par contact avec de l’eau douce souillée (rivières, étangs, fossés)
• par contact avec des boues, sols ou objets contaminés
• via des plaies, microcoupures, muqueuses ou peau macérée
Pas besoin de morsure : une baignade après de fortes pluies ou le nettoyage d’une cave inondée peuvent suffire.
Début brutal pseudo-grippal :
• fièvre souvent > 39 °C
• maux de tête intenses
• douleurs musculaires et articulaires
• nausées, parfois vomissements
Sans traitement, des formes sévères peuvent toucher les reins, le foie (jaunisse) ou les poumons. Toute fièvre dans les trois semaines après une exposition à l’eau douce ou aux égouts doit amener à consulter.
Les rats excrètent des Salmonella dans leurs déjections ; eau de boisson, aliments ou surfaces peuvent être souillés. La salmonellose provoque une gastro-entérite aiguë (diarrhées, vomissements, fièvre) 12 – 36 h après l’ingestion. Bénigne chez l’adulte sain, elle devient sérieuse pour les personnes âgées, fragiles ou les jeunes enfants. Dans les commerces alimentaires ou restaurants, la présence de rats est un risque sanitaire direct justifiant une dératisation professionnelle.
Présents dans les excréments et la salive de certains rongeurs, les hantavirus infectent l’homme par inhalation d’aérosols contaminés (nettoyage de greniers, caves, bâtiments infestés). Deux tableaux principaux existent :
• fièvre hémorragique avec syndrome rénal (150-200 cas/an, mortalité faible)
• syndrome pulmonaire à hantavirus (rare, mortalité 35-40 %)
Le rat peut également transmettre : typhus murin, certaines formes de toxoplasmose ou, dans d’autres pays, la rage (éradiquée chez les mammifères terrestres domestiques en France depuis 2001). Ces maladies restent rares mais rappellent le rôle de réservoir polyvalent du rat.
En métropole, les régions les plus touchées par la leptospirose sont : Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Bourgogne-Franche-Comté. Dans les départements d’Outre-mer, l’incidence est 20 – 80 × plus élevée du fait du climat chaud, humide et des pluies intenses.

Le pic survient généralement fin été, lorsque les activités nautiques en eau douce augmentent, que la température favorise la survie bactérienne et que les fortes pluies lessivent berges et sols contaminés.
| Catégorie | Exemples |
|---|---|
| Activités de loisirs | Baignades, canoë-kayak, rafting, pêche, chasse en zones humides, jardinage après inondation |
| Professions à risque | Égoutiers, éboueurs, agriculteurs, éleveurs, vétérinaires, pisciculteurs, dératiseurs |
Selon les statistiques, 72 % des cas de leptospirose concernent des hommes, l’âge moyen étant d’environ 45 ans.
Réduire les maladies transmises par les rats passe par :
• dératisation des égouts, bâtiments publics et zones sensibles
• gestion stricte des déchets (containers fermés, ramassages réguliers)
• drainage des zones inondées ou stagnantes
• bonne gestion des effluents d’élevage en milieu rural
Consultez un exemple d’approche professionnelle de dératisation.
Quelques réflexes essentiels lors d’activités en milieux potentiellement contaminés :
• porter gants, bottes, vêtements couvrants et lunettes lors de travaux en eau douce, égouts ou caves inondées
• éviter la baignade en eau trouble après de fortes pluies
• protéger et désinfecter toute plaie
• se laver les mains à l’eau potable et au savon après jardinage, pêche ou bricolage humide
Un vaccin humain contre la leptospirose existe en France, réservé aux personnes professionnellement très exposées (agriculteurs, éboueurs, égoutiers…). Schéma : deux injections à 15 jours d’intervalle, rappel 4-6 mois puis tous les deux ans tant que l’exposition perdure. Depuis août 2023, la leptospirose est une maladie à déclaration obligatoire, améliorant la surveillance et la gestion des cas groupés.
Non. Pour la population générale, le risque reste faible. En revanche, les personnes exposées professionnellement ou pratiquant des activités en eau douce doivent mettre en place des protections ciblées. La dératisation reste un maillon majeur : moins de rats autour des bâtiments, moins de leptospirose, salmonellose ou hantavirus pour les occupants.
Non. Le risque dépend de la fréquence de contact, de la présence d’urines ou de déjections, de l’humidité et de vos activités. Cependant, une présence régulière doit déclencher une réflexion sur la dératisation.
Pas en France. La majorité des cas de leptospirose provient du contact avec de l’eau ou des sols contaminés par des urines de rats.
Pas forcément. Évitez les eaux troubles ou boueuses, surtout après de grosses pluies, et protégez toute plaie. En cas de fièvre dans les semaines suivantes, consultez en précisant l’activité à risque.
Pour un rat isolé, peut-être. Mais en cas d’infestation établie, ces solutions sont souvent insuffisantes ou mal utilisées ; une approche professionnelle, structurée et sécurisée est généralement plus efficace.

Les rats font partie du paysage urbain et rural, mais ils ne sont pas des voisins anodins. En combinant dératisation sérieuse, bonnes pratiques d’hygiène et protections adaptées, il est possible de réduire fortement les dangers sans tomber dans la psychose. Pour aller plus loin, retrouvez des conseils et retours d’expérience.

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